P H O
T O S
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Linda Maria Baros
Linda et son vilain
chat noir
coriace, l'ordre
des choses
poétiques de l'est - la cour intérieure
poétiques de l'est - le kilomètre zéro
la
grande
bibliothèque
à
la Sorbonne
la petite biblioteque
outils de travail
les portes
lorsqu'on a le vitosomètre cloué au front
les bottes
Il n’est fait que d’anneaux, bracelets, ceintures
et rasoirs.
Il crache des morceaux de
ferraille.
Les zips tintent, les boucles les chaînes
les menottes.
Comme des écailles chimériques, leurs pointes.
Une lame de
rasoir écorche sa poitrine,
le cuir craque sur ses miches.
Le coutelas
descend dans la tige de sa botte.
Avec ses lunettes de soudeur,
le
motard noue les distances bout à bout,
les dévore,
fend l’horizon avec sa
meuleuse tronçonneuse.
Change de rapport, de régime, de couple.
Bondit,
vigoureux, dans la selle.
Casse.
Le motard.
L’autoroute le serre bien dans ses
sangles
et essuie de la main la sueur de son front.
Son fantôme
noircit le cliché de l’après-midi.
(L’Autoroute A4 et autres poèmes, Cheyne éditeur,
2009)